Comment récupérer l’eau de pluie

Nous le savons tous : l’eau manque à l’échelle planétaire. Rendez-vous compte : 1 milliard d’habitants n’a pas accès à cette source de vie indispensable. Cette pénurie a fini par atteindre l’Europe et la France. Les réserves se font de plus en plus faibles et le niveau moyen des cours d’eau est en baisse continue. Le prix du m3 d’eau, lui, ne cesse d’augmenter (+38% entre 1995 et 2005). Dans ces circonstances, un citoyen responsable doit adopter deux réflexes : économiser l’eau et si c’est possible, mettre en place un récupérateur d’eau de pluie. On vous explique comment ça fonctionne.

Tout dépend bien entendu de l’utilisation que vous souhaitez faire de cette eau de pluie : laver votre voiture ou la boire ? Dans un 1er temps, l’option de se servir de cette eau pour les tâches comme le lavage ou l’arrosage du jardin, paraît la plus simple. Pour cela, il suffit de placer une cuve à l’extérieur munie d’un accessoire de filtration, et de la relier à la gouttière. Pour une contenance de 200 à 500L, comptez un investissement de 50 à 100€.

La 2ème solution consiste à investir dans une cuve enterrée : indispensable si vous souhaitez utiliser cette eau à des fins sanitaires ou alimentaires. Le réservoir filtrant est sous terre, et peut contenir jusqu’ à 20 000L d’eau. Reliée à des branchements adaptés et raccordée à une pompe, l’eau récupérée pourra servir aux appareils électroménagers (lave-linge, lave-vaisselle), aux toilettes et aux robinets de la maison (douches, lavabos). Ce système ne vous privera pas de l’alimentation de la ville puisqu’il est possible de basculer de l’un à l’autre par un système de vannes.

L’investissement de cette installation est autrement plus coûteux qu’une cuve hors-sol : il faut compter entre 5000 et 10 000€ tout compris. Cependant, vous entrez dans le cadre de l’article 49 de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (30 décembre 2006), qui introduit un crédit d’impôt. Et pour contrebalancer cet investissement, pensez aux futures économies sur les produits d’entretien, la plomberie, ainsi que la plus-value réalisée sur votre habitation. Ce genre d’installation bénéficie de plus en plus souvent d’aides de la mairie concernée : renseignez-vous.

Concrètement, si vous voulez connaître la quantité d’eau qu’il est possible de récupérer avec votre maison, il faut multiplier sa superficie au sol par la pluviosité annuelle de la région. D’un point de vue économique, le coût de l’installation sera rapidement rentabilisé. D’un point de vue écologique, c’est tout bénef ! Plus douce et non-calcaire, l’eau de pluie est bien meilleure pour se laver et par ailleurs améliore la durée de vie des canalisations. Vous pourrez réduire votre usage de savons et autres adoucissants pour le linge de 40% à 60% ! Enfin, la récupération de l’eau de pluie réduit le pompage des eaux dans les nappes phréatiques et les traitements pour la rendre potable. Voilà un système économique et écologique qui a de l’avenir. Pour preuve : certaines maisons modernes sont construites directement avec des récupérateurs d’eau de pluie.